Titre : |
Le pied qui cloche ou le lignage des boiteux |
Type de document : |
texte imprimé |
Auteurs : |
Karin Ueltschi, Auteur |
Editeur : |
Honoré Champion |
Année de publication : |
2011 |
Collection : |
Essais sur le Moyen-âge num. 53 |
Importance : |
323 p. |
ISBN/ISSN/EAN : |
978-2-7453-2294-4 |
Catégories : |
Thésaurus CLiO Histoire:Moyen-Age
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Index. décimale : |
LT-09 Études sur la littérature orale, sur le répertoire, les conteurs, les collecteurs |
Résumé : |
"Le pied, en particulier le pied qui cloche, est le siège d'un imaginaire très riche. La littérature fourmille de boiteux, de béquillards et de paralytiques, d'unijambistes et d'échassiers de toutes sortes. La boiterie est infirmité physique et mentale aussi : le péché originel ne marque-t-il pas toute la descendance de la Femme par une morsure au talon ? Apollon est appelé loxias non pas à cause d'un défaut ambulatoire, mais en raison de l'ambiguïté de ses oracles. Le Christ, en guérissant un paralytique, lui remet en même temps ses péchés.
La boiterie est rupture de symétrie : le boiteux, le borgne et le manchot sont cousins. La boiterie renvoie à l'unilatéralité, au bi-parti, à toutes ces figures antiques qui ont perdu une sandale dans quelque enfer, à toutes les Cendrillon, Pédauque et Mélusine du Monde, aux diables boiteux et à tous les equipedes. Le «lieu» du boiteux est la frontière, cette ligne où deux univers opposés se touchent, ce seuil qu'il faut enjamber au prix d'un déséquilibre.
C'est parfois un dieu courroucé, une mère dépitée, un père désemparé qui sont à l'origine de la claudication, comme dans le cas d'IIéphaïstos ou encore d'Œdipe («Pied enflé»), lequel doit sa vie au fait d'avoir su répondre à une question au cœur de laquelle se trouve encore le pied. Le génie analogique du Moyen Âge fera fusionner Œdipe avec Judas, actualisant ainsi un autre atavisme à l'œuvre depuis Jacob, Saül et Salomon et jusqu'au juif errant, errant comme l'a été son premier ancêtre, Gain; les deux doivent boiter durement à force de marcher. Il se trouve que la tradition a fait de l'un un forgeron et de l'autre un cordonnier. Des forgerons antiques aux savetiers du Moyen Âge, en passant par les celtiques Trébuchet, tout part du pied, tout ramène au pied et nous parle d'enjeux d'une poétique gravité dont les enfants, qui jouent à cloche-pied à sauter de l'Enfer au Paradis, gardent jusqu'à nos jours la mémoire." Source : éditeur.
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Nature du document : |
Documentaire |
Type de document : |
Essai, étude |
Age : |
Adulte |
Permalink : |
https://litt-oral.bibliossimo.net/pmb/opac_css/
index.php?lvl=notice_display& |
Le pied qui cloche ou le lignage des boiteux [texte imprimé] / Karin Ueltschi, Auteur . - Honoré Champion, 2011 . - 323 p.. - ( Essais sur le Moyen-âge; 53) . ISBN : 978-2-7453-2294-4
Catégories : |
Thésaurus CLiO Histoire:Moyen-Age
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Index. décimale : |
LT-09 Études sur la littérature orale, sur le répertoire, les conteurs, les collecteurs |
Résumé : |
"Le pied, en particulier le pied qui cloche, est le siège d'un imaginaire très riche. La littérature fourmille de boiteux, de béquillards et de paralytiques, d'unijambistes et d'échassiers de toutes sortes. La boiterie est infirmité physique et mentale aussi : le péché originel ne marque-t-il pas toute la descendance de la Femme par une morsure au talon ? Apollon est appelé loxias non pas à cause d'un défaut ambulatoire, mais en raison de l'ambiguïté de ses oracles. Le Christ, en guérissant un paralytique, lui remet en même temps ses péchés.
La boiterie est rupture de symétrie : le boiteux, le borgne et le manchot sont cousins. La boiterie renvoie à l'unilatéralité, au bi-parti, à toutes ces figures antiques qui ont perdu une sandale dans quelque enfer, à toutes les Cendrillon, Pédauque et Mélusine du Monde, aux diables boiteux et à tous les equipedes. Le «lieu» du boiteux est la frontière, cette ligne où deux univers opposés se touchent, ce seuil qu'il faut enjamber au prix d'un déséquilibre.
C'est parfois un dieu courroucé, une mère dépitée, un père désemparé qui sont à l'origine de la claudication, comme dans le cas d'IIéphaïstos ou encore d'Œdipe («Pied enflé»), lequel doit sa vie au fait d'avoir su répondre à une question au cœur de laquelle se trouve encore le pied. Le génie analogique du Moyen Âge fera fusionner Œdipe avec Judas, actualisant ainsi un autre atavisme à l'œuvre depuis Jacob, Saül et Salomon et jusqu'au juif errant, errant comme l'a été son premier ancêtre, Gain; les deux doivent boiter durement à force de marcher. Il se trouve que la tradition a fait de l'un un forgeron et de l'autre un cordonnier. Des forgerons antiques aux savetiers du Moyen Âge, en passant par les celtiques Trébuchet, tout part du pied, tout ramène au pied et nous parle d'enjeux d'une poétique gravité dont les enfants, qui jouent à cloche-pied à sauter de l'Enfer au Paradis, gardent jusqu'à nos jours la mémoire." Source : éditeur.
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Nature du document : |
Documentaire |
Type de document : |
Essai, étude |
Age : |
Adulte |
Permalink : |
https://litt-oral.bibliossimo.net/pmb/opac_css/
index.php?lvl=notice_display& |
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